Le constructeur néerlandais Defenture travaille avec Robin Radar Systems à l’intégration d’une technologie radar sur les plateformes Mammoth et GRF. Ces véhicules tactiques légers obtiennent ainsi un rôle permanent dans la détection des drones, sans mâts de capteurs séparés ni installations statiques.
L’annonce a été faite par un bref message sur les réseaux sociaux, mais les implications techniques sont concrètes. Une unité radar compacte offrant une couverture à 360 degrés est installée sur le toit des véhicules. Le système est conçu pour détecter de petits objets volant à basse altitude : quadricoptères, drones à voilure fixe et munitions rôdeuses.
Un radar sur une plateforme roulante
Robin Radar est connu pour ses radars spécialisés contre les drones. Plutôt que de grands radars de défense aérienne d’une portée de centaines de kilomètres, l’entreprise se concentre sur la détection de petites cibles à basse altitude. C’est techniquement plus difficile qu’il n’y paraît.
Les petits drones ont une signature radar très faible. Leur surface équivalente radar – la mesure dans laquelle un objet renvoie l’énergie radar – n’est parfois pas plus grande que celle d’un oiseau. En outre, ils volent bas, souvent sous la couverture des systèmes radar traditionnels.
La solution réside dans une haute résolution et un traitement rapide du signal. Les radars anti-drones modernes utilisent de courtes longueurs d’onde et un logiciel intelligent qui reconnaît des schémas. Le système élimine les oiseaux et signale les objets au comportement différent.
En installant cette technologie directement sur le Mammoth et le GRF, on obtient une plateforme de détection mobile. Une unité peut ainsi surveiller l’espace aérien en continu pendant ses déplacements ou lors d’installations temporaires.
Le Mammoth et le GRF comme porteurs de capteurs
Le Mammoth est le véhicule le plus lourd de la gamme Defenture. (Par exemple pour la défense allemande) La plateforme est modulaire et peut être aménagée pour le transport, le commandement ou les opérations spéciales. Le GRF est plus compact et plus léger, destiné à un déploiement rapide et aux unités aéromobiles. Ce véhicule est en service au sein de la défense néerlandaise.
Les deux véhicules sont conçus pour une grande mobilité. Transmission intégrale, grand débattement des roues et faible poids leur permettent de se déplacer rapidement en terrain accidenté.
L’ajout d’un radar change leur rôle. Alors qu’ils servaient surtout de véhicules de transport ou de commandement, ils peuvent désormais fonctionner comme postes capteurs avancés.
C’est pertinent dans les scénarios où de petits drones sont utilisés pour la reconnaissance ou des attaques ciblées. Dans les conflits récents, les véhicules légers sont régulièrement la cible de drones FPV bon marché. Un véhicule capable de détecter lui-même les menaces augmente considérablement le temps de réaction de l’équipage.
Intégration sans infrastructure fixe
Un élément important est l’intégration au niveau de la plateforme du véhicule. Au lieu d’une installation radar séparée avec générateur et liaison de données distincte, le système est directement intégré au véhicule.
L’alimentation passe ainsi par le système de bord et le radar est relié aux moyens de communication existants. Les données de détection peuvent être transmises directement à un poste de commandement ou partagées au sein d’un réseau.
Dans les opérations modernes, tout est question de vitesse de l’information. Lorsqu’un radar détecte un drone à, par exemple, trois kilomètres, chaque seconde compte. L’information doit être immédiatement disponible pour les contre-mesures.
Celles-ci peuvent aller du brouillage électronique aux moyens cinétiques. Le radar lui-même ne neutralise rien ; c’est un système de détection. Mais sans détection fiable, toute réaction arrive trop tard.

Image : Defenture
Compact mais évolutif
L’unité radar sur le toit paraît relativement petite. C’est voulu. De grandes antennes radar rotatives ne sont pas pratiques sur des véhicules tactiques légers. Le système doit résister aux vibrations, à la poussière et aux intempéries.
La structure semble stabilisée et profilée de manière aérodynamique, ce qui indique un emploi prolongé dans des conditions variées.
Le format compact permet en outre un déploiement rapide. Un véhicule peut être déplacé en peu de temps vers un site vulnérable : une base temporaire, un convoi ou une zone frontalière.
On obtient ainsi une flexibilité que les installations radar fixes n’offrent pas.
La menace des drones s’accroît
Cette coopération s’inscrit dans une tendance plus large. Les armées européennes investissent dans des moyens contre les petits systèmes sans pilote. La défense aérienne traditionnelle a été conçue contre les avions de chasse, les hélicoptères ou les missiles plus grands.
Les petits drones opèrent sous ce seuil. Ils volent bas, sont bon marché et peuvent être engagés en grand nombre simultanément.
Les plateformes de détection mobiles constituent une première couche de défense. Non pas en remplacement de la défense aérienne lourde, mais en complément au plus près des troupes.
L’association d’un véhicule néerlandais et d’un radar néerlandais est à cet égard remarquable. Elle signifie des liens courts entre le constructeur et le fournisseur de capteurs. L’intégration peut être adaptée plus rapidement à des exigences spécifiques.























