Les drones au-dessus des Pays-Bas ont surpris beaucoup de monde. De petits appareils apparus au-dessus de ports, de zones industrielles et même de terrains militaires. Souvent la nuit, parfois pendant plusieurs minutes, sans qu’on sache immédiatement à qui ils appartenaient ni ce qu’ils faisaient.
Pour la Défense, c’était un signal clair : la protection contre les petits drones volant bas est insuffisante.
Alors que l’on a investi pendant des années surtout dans les avions de chasse, les systèmes de missiles et la défense aérienne à longue portée, la courte portée est restée un angle mort. C’est pourtant là que se trouve aujourd’hui la plus grande menace. Les petits drones commerciaux sont bon marché, faciles à modifier et étonnamment efficaces pour l’espionnage ou le sabotage.
La Haye a donc décidé à court terme d’acheter une centaine de radars mobiles à l’entreprise néerlandaise Robin Radar Systems. Les premiers systèmes ont entre-temps été remis au Commando Materieel en IT (COMMIT), qui prépare les véhicules pour un emploi opérationnel.
C’est le début d’un rattrapage accéléré.
Bullfrog : une mitrailleuse américaine montée elle aussi sur un pick-up ordinaire.
Des radars sur des pick-up 4×4 ordinaires
Le choix de la plateforme est frappant. Les radars ne sont pas montés sur de lourds véhicules blindés, mais sur des pick-up ordinaires à quatre roues motrices, dont des Ford 4×4.
C’est moins spectaculaire qu’une jeep militaire, mais pratique.
Pour sécuriser une caserne, un port ou un dépôt de munitions, le blindage importe souvent moins que la rapidité et la disponibilité. Ces véhicules sont rapidement livrables, moins chers à utiliser et se déplacent sans problème en terrain non revêtu. Ils peuvent être installés quelque part en peu de temps et repartir tout aussi vite.
Cela correspond à une nouvelle façon de penser : pas d’installations fixes, mais une protection mobile que l’on peut déplacer dès que la menace l’exige.
Les radars eux-mêmes sont spécialement conçus pour les petits objets. Ils savent distinguer oiseaux, véhicules et drones, ce qui limite le nombre de fausses alertes. Des réactions rapides et ciblées deviennent ainsi possibles.
La leçon de l’Ukraine
Que les Pays-Bas investissent désormais en accéléré n’est pas un hasard.
La guerre en Ukraine a montré à quel point les drones sont devenus déterminants sur le champ de bataille. De petits quadricoptères servent à la reconnaissance, à la recherche de cibles et même comme moyens d’attaque. Des systèmes relativement simples peuvent causer des dégâts disproportionnés.
De nombreux pays européens ont découvert que leur défense aérienne n’y était pas préparée.
Le nouveau gouvernement veut donc porter les dépenses de défense à 3,5 % du produit intérieur brut. Il faut donc s’attendre à davantage d’achats rapides de ce type. Pas de projets de plusieurs années, mais des solutions pragmatiques immédiatement utilisables.
Les véhicules légers, nouvelle norme
L’approche néerlandaise n’est pas isolée. Au niveau international aussi, on voit des systèmes lourds de plus en plus complétés par des plateformes légères et rapides.
Des entreprises comme Northrop Grumman développent des radars et capteurs couplés à des mitrailleuses qui peuvent facilement être installés sur des pick-up ou des véhicules tout-terrain légers. Ces véhicules peuvent coopérer rapidement, partager des informations et sécuriser temporairement des infrastructures critiques.
Un port, une centrale électrique ou un aéroport peut ainsi être protégé en quelques minutes.
Face à des menaces qui surgissent de manière inattendue – comme les drones – cela fonctionne souvent mieux qu’un seul grand système statique.
De la détection sans armes
Une étape suivante claire reste toutefois nécessaire.
Avec les nouveaux radars, la détection est assurée, mais détecter seul ne suffit pas. Voir un drone arriver est une chose, le neutraliser effectivement en est une autre.
Les Pays-Bas ne disposent pas encore à grande échelle de systèmes mobiles équipés de mitrailleuses ou d’armes anti-drones spéciales pour abattre de petites cibles. Sans cette combinaison, un radar reste surtout un moyen d’alerte.
L’étape logique suivante est donc de coupler les capteurs à des mitrailleuses. Voir des entreprises comme Sentradel et Allen Control Systems qui utilisent aussi l’IA pour toucher leurs cibles. (vidéos ci-dessous) La vitesse à laquelle elles le font est spectaculaire, mais l’évolution de ce type d’armes est en même temps préoccupante.
Des opportunités pour l’industrie néerlandaise
Il y a là aussi des opportunités pour les entreprises néerlandaises.
Avec Defenture, les Pays-Bas disposent d’un fabricant de véhicules tactiques légers. Celui-ci les livre actuellement aux commandos néerlandais et en partie à la brigade aéromobile. Robin Radar fournit la technologie de détection. L’intégration des systèmes d’armes peut également se faire dans le pays.
Lors de salons de défense, on a déjà présenté des véhicules dans lesquels radar, véhicule et armement sont réunis sur une seule plateforme mobile.
On ne sait pas encore si la Défense optera réellement pour une telle solution entièrement néerlandaise. Mais la volonté de produire davantage dans le pays se renforce.
Le début d’un rattrapage plus large
L’arrivée d’une centaine de radars anti-drones mobiles montre surtout que la Défense agit plus vite et de manière plus pragmatique qu’auparavant. Pas une solution finale parfaite, mais des moyens utilisables dès maintenant.
Après des années de retard, les Pays-Bas commencent visiblement à investir dans la défense
























