Début novembre 2025, une annonce a secoué le monde néerlandais de la défense : le ministère de la Défense a commandé 100 radars avancés à Robin Radar Systems. Les premiers exemplaires sont partis presque immédiatement vers des aéroports et des bases aériennes ; le reste sera livré par étapes en 2026. L’objectif est simple mais important : identifier plus vite les menaces aériennes — surtout les petits drones rapides capables de se glisser sous les radars et systèmes de détection conventionnels. Il est réjouissant qu’une entreprise néerlandaise puisse à nouveau marquer de son empreinte le domaine de la défense.
Qui est Robin Radar — et pourquoi cette entreprise
Ce qui peut sembler un choix surprenant pour beaucoup est très logique dans le cas de Robin Radar : l’entreprise est d’origine néerlandaise — ce qui rend ce contrat radar particulier. Les racines de Robin remontent à 1980, lorsque le laboratoire de recherche TNO travaillait pour l’armée de l’air néerlandaise sur des systèmes visant à prévenir les collisions avec les oiseaux. Le nom « ROBIN » signifiait « Radar Observation of Bird Intensity ».
En 2010, l’entrepreneur Siete Hamminga a vu une opportunité. Il a commercialisé la technologie de TNO — et Robin Radar Systems est né. Ce qui servait au départ à surveiller les oiseaux autour des aéroports est devenu en un peu plus de 15 ans un acteur radar reconnu à l’international.
En 2024, une étape importante a été franchie : la société d’investissement Parcom a racheté Robin Radar. Avec des capitaux et des ambitions supplémentaires, Robin veut se développer à l’international — conquérir de nouveaux marchés, notamment en Amérique du Nord, et rendre sa technologie radar largement disponible.
Aujourd’hui, Robin Radar compte plus de 150 employés de dizaines de nationalités, s’appuie sur des décennies d’expérience radar et entretient des centaines d’installations radar dans le monde. Ses produits vont des radars de protection des oiseaux et de l’environnement à la détection de drones de haute technologie, civile et militaire.
(vidéo Robin Radar : on y voit comment le radar détecte des drones en coopération avec OpenWorks.)
Le radar contre les drones — comment Robin voit la menace
Robin a posé ses bases avec des radars de suivi des oiseaux, mais il est vite apparu que la même technologie s’appliquait à quelque chose de bien plus dangereux : les drones. Lorsque les drones sont devenus une réalité autour des aéroports et sur les champs de bataille, Robin a pu adapter ses algorithmes et capteurs et passer à la détection de drones.
Son unité radar compacte mais puissante IRIS — à peu près de la taille d’un gros fût de bière et pesant 29 kg — peut être installée sur un véhicule ou un trépied. Le radar est conçu pour détecter de petits objets, des aéronefs volant bas et des drones autonomes, et pour les distinguer des oiseaux ou des avions.
Point important : IRIS et les autres systèmes de Robin ont fait leurs preuves. Pendant la guerre en Ukraine, des dizaines de radars ont été livrés pour détecter les drones russes — plus de 200 radars y seraient désormais actifs, selon le PDG Hamminga. Les retours des forces ukrainiennes ont conduit à une mise à jour logicielle qui a porté la portée de détection de 5 à 12 km. Cela donne aux défenseurs de précieuses secondes supplémentaires pour réagir.
Pourquoi ce contrat de 100 radars est si important pour les Pays-Bas
Pour les Pays-Bas, le contrat avec Robin Radar est plus qu’un investissement supplémentaire : c’est un choix stratégique. Au lieu d’acheter des systèmes étrangers — avec les dépendances qui vont avec —, on choisit une technologie nationale, développée et produite dans le pays. Cela renforce la souveraineté et donne à l’infrastructure aérienne et de défense néerlandaise une base propre et fiable.
Le contrat montre en outre que les Pays-Bas s’adaptent à une nouvelle réalité sécuritaire : les drones ne sont pas seulement en Ukraine, mais aussi aux Pays-Bas. Avec des UAV rapides, bon marché et parfois autonomes, une nouvelle dimension de menace est apparue. De petits drones au-dessus d’une base aérienne ou d’un aéroport peuvent semer le chaos — ce qui exige des systèmes non pas dépassés, mais modernes, flexibles et mobiles.
L’histoire de Robin Radar — du radar à oiseaux à l’expertise antidrone — est remarquable : elle montre que l’innovation n’exige pas toujours de grands groupes de défense, mais qu’une technologie astucieuse et le talent néerlandais suffisent pour rester pertinent.

(Image Robin Radar)
Comment Robin voit sa croissance — et ce qu’elle prévoit
Là où Robin Radar fabriquait encore une vingtaine de radars par an il y a cinq ans, elle vise pour fin 2025 une production de six radars par semaine. C’est un bond énorme.
Le rachat par Parcom y contribue : avec des capitaux supplémentaires, des réseaux internationaux et des ambitions de croissance, Robin est prête pour le marché mondial. Elle ne vise pas seulement la défense, mais aussi la sécurité civile : aéroports, infrastructures critiques, parcs éoliens, événements, entreprises — partout où existe une menace aérienne ou de drones.
Robin aime se présenter comme une entreprise à double mission : la sécurité des humains comme de la nature. Ses radars aident non seulement à détecter les drones, mais servaient aussi à la gestion des oiseaux, à la prévention des collisions avec les oiseaux et à la protection de l’environnement autour des parcs éoliens. Ce mélange d’innovation technologique et d’utilité sociale reste un élément important de son identité.
Ce qui nous attend — un tournant stratégique
Avec les 100 radars, les Pays-Bas sont bien mieux préparés à la menace des drones. Mais selon Robin Radar, ce n’est qu’un début. L’entreprise envisage d’étendre ses applications : radars mobiles, intégration avec d’autres systèmes antidrones, exportations internationales et même projets satellitaires ou spatiaux. Des projets visent ainsi à travailler sur des systèmes radar miniatures pour microsatellites. Nous suivrons Robin Radar de près et sommes curieux de voir ce que l’entreprise apportera à l’avenir.
























